Tesamorelin : analogue GHRH stabilisé en recherche somatotrope
Le Tesamorelin est un analogue synthétique du GHRH(1-44) modifié en N-terminal par un groupement trans-3-hexénoyl. Cet article présente sa structure, sa résistance à la DPP-4, sa spécificité pour la graisse viscérale dans les modèles et sa complémentarité avec un sécrétagogue.
Un GHRH rendu résistant à la dégradation
Le Tesamorelin est un analogue synthétique du GHRH(1-44) : l'hormone hypothalamique qui stimule la sécrétion d'hormone de croissance (GH) par l'hypophyse. Sa particularité est une modification N-terminale par un groupement trans-3-hexénoyl. Le GHRH natif est en effet très rapidement clivé dans le plasma par l'enzyme DPP-4 (dipeptidyl peptidase-4), qui le coupe entre les positions 2 et 3. Le groupement ajouté protège cette liaison et confère à la molécule une demi-vie nettement plus longue, ce qui en fait un outil expérimental stable pour l'étude de l'axe somatotrope.
Mécanisme : agonisme du récepteur GHRH
Le Tesamorelin agit comme agoniste du récepteur du GHRH (GHRH-R) sur les cellules somatotropes. En stimulant la voie physiologique, il augmente la synthèse et la libération pulsatile de GH, laquelle conduit à la production hépatique d'IGF-1. Un point important pour la recherche : parce qu'il agit en amont, en respectant la boucle de régulation, il préserve la pulsatilité de la GH, contrairement à un apport de GH exogène.
Spécificité pour le tissu adipeux viscéral
Le Tesamorelin est l'un des rares analogues du GHRH à avoir fait l'objet d'un développement clinique abouti, avec une indication ciblant la réduction de l'adiposité viscérale. Dans les modèles, la GH ainsi stimulée favorise la lipolyse préférentiellement au niveau de la graisse viscérale (péri-organes) : un tissu métaboliquement distinct de la graisse sous-cutanée. Cette spécificité en fait un composé de référence dans les études métaboliques sur le tissu adipeux.
Complémentarité avec un sécrétagogue
Le GHRH (voie Tesamorelin) et les sécrétagogues type ghréline (voie GHS-R1a, ex. Ipamorelin) activent deux récepteurs indépendants de la même cellule. C'est pourquoi ces deux classes sont fréquemment étudiées en association : l'une augmente la quantité de GH mobilisable, l'autre amplifie le signal de libération. Voir notre article sur l'axe somatotrope à deux leviers (CJC-1295 + Ipamorelin) pour le détail de cette synergie.
Sources
- Structure du GHRH(1-44) et stabilisation N-terminale contre la DPP-4.
- Pharmacologie du récepteur GHRH-R et sécrétion pulsatile de GH.
- Tesamorelin et réduction de l'adiposité viscérale : données cliniques et précliniques.







